venerdì 9 settembre 2011

Interdiction de quitter le territoire: Sami Ben Abdallah


Je devais prendre le vol Tunis- Paris aujourd’hui à 18H45.

photo-drapeau-tunisie.jpgAu contrôle de la police à l’intérieur de l’Aéroport, l’ordinateur de l’agent clignote. Il m’informe qu’il y a un problème et qu’il doit informer ses supérieurs.

Ces derniers contactent le ministère de l’Intérieur et la réponse de ce dernier tarde.

20 minutes d’attente puis 30 mn.Il est 18h45. Je rappelle un responsable et je l’informe que je vais rater le vol en exigeant de comprendre ce qui arrive.

Les policiers me précisent que c’est le grand chef que j’ai en face. Ce dernier donne  des instructions en ma présence pour retarder le décollage de l’avion dans l’attente de la réponse du Ministère de l’Intérieur qui n’arrive pas.

L’instruction « ambigüe » de la Direction des frontières et des étrangers

Officiellement, on m’informe que la direction des frontières et des étrangers a fait un signalement sur mon nom sans instruction précise (interdiction de voyager ou autorisation de voyager).C’est pourquoi, ils attendent la réponse du ministère de l’Intérieur.

2 agents me posent des questions. Ils ne comprennent pas ce qui arrive. Selon eux, la direction des frontières a demandé que les services de l’aéroport l’appellent à mon passage. Et que dans ce cas, le même service donnera sa réponse : interdiction ou autorisation de voyager.

Or, les policiers ne comprennent pas :
Si j’avais un quelconque problème, la direction des frontières et des étrangers aurait pu dés le départ préciser une « interdiction de voyager »   au lieu de rester dans l’ambigüité.

C’est officiel : Interdiction de quitter le territoire tunisien

J’appelle un avocat qui se présente sur les lieux car je sens une manipulation. Finalement l’avion décolle, le billet est perdu,  et la police de l’aéroport me précise que je suis interdit de quitter le territoire national.  "Ce sont les instructions" m’ont-ils dit en me présentant une convocation pour se présenter dans les brefs délais pour un interrogatoire.

J’ai passé 3 semaines de vacances à Tunis,mon domicile était connu pour la police, j’ai affiché mon numéro de téléphone sur mon Blog. Il aurait suffit qu’un agent se déplace et me remette une convocation. Et je me serais présenté.

Ils n’ont pas choisi cette méthode. Ils ont choisi la méthode décrite ci-dessus.

Sous Ben Ali : « plus personne ne t’emmerdera »

J’ai passé 8 ans d’auto-exil en France. J’ai un casier judiciaire vierge en France et en Tunisie. Sous Ben Ali, plusieurs haut responsables politiques et des responsables de la police politique ont voulu ma tete. Je n’ai pu rentrer en Tunisie qu’en Avril 2009 tout en refusant d’être interrogé par la police politique et de faire un appel de Soutien à Ben Ali.

Outre la censure de mon Blog,toutes les pressions que mes proches ont vécues avant Janvier 2011, ma page Facebook a été la première censurée en Tunisie depuis Juin 2009. En novembre 2009, deux hauts responsables ont vu Ben Ali et évoqué accessoirement mon cas. Ben Ali m’avait transmis le message : « plus personne ne t’emmerdera ». J’ai répondu que je ne voulais rien d’autres, ni poste politique, ni argent. Je voulais uniquement continuer à exercer le peu de liberté que j’ai arraché et dont j’ai payé son prix. 

Sous Ben Ali,je suis rentré 2 fois à Tunis (Avril 2009 et Septembre 2009). Certes j’étais "sous surveillance" mais Ben Ali n’a pas osé m’arrêter, ni m’interdire le territoire national ni me « fabriquer » une quelconque affaire.

Sami Ben Abdallah
Tunis le 6 Septembre 2011


samibenabdallah.rsfblog.org


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