domenica 9 ottobre 2011

TUNISIE. Une télévision attaquée car elle diffuse "Persépolis"




La chaîne privée Nessma TV diffuse "Persepolis", prix du jury au Festival de Cannes, pour la première fois en Tunisie. Conséquence: ce matin, aux alentours de 10h, un groupe de religieux extrémiste a débarqué au siège de la télévision. 300 hommes qui voulaient incendier le siège de la télévision. Les forces de l'ordre ont du intervenir en force.
S'agit-il d'un groupe salafiste? Pour l'instant, aucune certitude.
Le film en question se passe en Iran et combat le régime des mollahs par l'humour. Le film a fait le tour du monde.,



Persepolis est une série de quatre bandes dessinées à caractère autobiographique et historique, réalisée en noir et blanc par Marjane Satrapi (dessin et scénario). L’auteur retrace, à travers son œuvre, les étapes marquantes qui ont rythmé sa vie, de son enfance à Téhéran à son entrée (difficile) dans la vie adulte. Persepolis, ce n'est pas seulement un témoignage de l'histoire de l’Iran, même si cette œuvre constitue une représentation plus que fidèle d'un quotidien qui se voit brutalement bouleversé, du renversement du Shah (le 11 février 1979) à la Révolution iranienne des années 1979 - 1980, et apporte un outil de compréhension et d'interprétation différent que ceux pourvus dans les récits historiques objectifs, les événements étant bien vécus et non rapportés. Persepolis, c'est aussi une réflexion sur la crise d'identité, une possibilité pour tous les exilés de repenser leur appartenance et de l'assumer en dépit des souffrances.
À ce jour, cette série reste le plus gros succès de l'éditeur, et a été une vraie locomotive pour la BD dite indépendante (Menu, en 2003, parlait de 50 à 60.000 exemplaires écoulés des trois premiers volumes. Le succès s'est maintenu jusqu'en 2007, où il a été démultiplié par la sortie du film.)
En 2007, la série a été adaptée en un long métrage d’animation réalisé par Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi ; il obtient le prix du jury au Festival de Cannes 2007.

http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne-1149/videos-films/?cmedia=18733354
http://www.wat.tv/video/persepolis-b5bw_2g377_.html
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18733353&cfilm=110204.html

Les dessins sont réalisés en noir et blanc. Ils sont plus précisément en noir ; les contours sont blancs. Il n'y a pas d'ombres, la dessinatrice ne fonctionne que par aplats. Dans le film, les images en noir et blanc sont associées au passé, certains passages en couleurs représentant la vie actuelle de l'auteur. Les fonds des vignettes sont généralement noirs ou blancs et l'on trouve parfois des décors partiellement détaillés, ce qui laisse plus d'importance au texte. L'image se fait le reflet du texte et non l'inverse, ce qui a son importance puisque cela lui évite de n'être que purement explicatif. L'information étant incorporée au texte, cela ajoute à l'importance de celui-ci. La langue est utilisée dans la multiplicité de ses registres (familier et courant, laissant parfois la place à la vulgarité), esquissant une ébauche riche et authentique d'une vie quotidienne hors du commun.


L’histoire commence en 1979, peu avant la Révolution islamique iranienne. La protagoniste principale, Marjane, est une petite fille de huit ans, issue d’une famille à tendance progressiste. Par son grand-père maternel (qui fut Premier ministre de l'Iran sous Reza Pahlavi), elle est l'arrière petite-fille du dernier Shah de la dynastie des KadjarsAhmad Shah Qajar. Nous sommes le 11 février, le Shah vient d'être renversé et l'Iran est en effervescence. Les choses prennent cependant une tournure inattendue, la foule n'est plus si libre qu'elle le croit... Alors que ses parents manifestent dans les rues contre l'arrivée au pouvoir des islamistes, Marjane évolue dans un univers très politisé et militant. Elle a dix ans lorsque le port du foulard devient obligatoire à l’école, en 1980, et cette nouveauté n'est pas sans éveiller chez elle de nombreux questionnements. Très croyante, elle projette de devenir prophète ; elle finit néanmoins par s'éloigner de celui qu'elle appelle son « ami », révoltée par les injustices grandissantes.
Ce premier tome de Persepolis se focalise essentiellement sur l'atmosphère qui règne au sein du pays à l'aube de la révolution iranienne, révélant les tensions véhiculées par l’ambiance très politisée de l’époque. Chaque événement marquant dans la vie de la petite fille s'inscrit dans la toile de fond qu'est l'histoire de l'Iran, toujours présente en filigrane : la crise irano-soviétique de 1946 est liée à l’histoire d’un membre de sa famille ; la situation difficile des gens modestes est abordée par le cas de l’employée de maison des parents de Marjane ; la libération des prisonniers politiques de l’époque du Shah est représentée et appropriée à l'auteur par la réapparition d’amis de la famille, tout comme les premiers exils et les purges d’opposants politiques.
Le deuxième tome débute avec la prise d’otages de l’ambassade des États-Unis, signant la rupture des liens avec les États-Unis. Marjane voit les universités se fermer pendant la révolution culturelle iranienne alors qu’elle projette de devenir chimiste. Ses parents, très engagés, manifestent contre l’intégrisme à l’occasion du décret du port du voile pour toutes les femmes iraniennes.
Le début de la guerre Iran-Irak (de septembre 1980 à août 1988) est lui aussi évoqué dans ce tome. Alors que les parents de Marjane sont en voyage en Espagne, ils apprennent que la guerre est déclarée. Marjane ne va pas tarder à l'apprendre, de même que tous les autres habitants de Téhéran ; la pénurie fait rage dans les supermarchés et les stations-service. La situation des réfugiés des zones de guerre est abordée par l’arrivée de Mali, une amie d’enfance de la mère de Marjane, et de sa famille, tous hébergés à Téhéran pendant quelque temps chez les Satrapi.
L’auteur traite le déroulement des huit années de guerre dans sa globalité, allant à l'essentiel. Elle dénonce tout d'abord l'endoctrinement et l'aveuglement des jeunes engagés volontaires iraniens, qui se voyaient remettre une clé qui leur « ouvrirait les portes du paradis » selon leurs recruteurs, eux-mêmes non condamnés à sauter sur des mines ou à périr sous les balles. Elle nous parle des bombardements sur Téhéran et de la bataille de Khorramshahr (au mois de mai 1982). C'est dans cette mise à feu et à sang du peuple iranien que Marjane sort définitivement de l’enfance, en fumant sa première cigarette dans un acte de rébellion envers sa mère.
La situation des iraniens restés en Iran et de leur famille est traitée à travers l’histoire d’un oncle de Marjane, qui ne peut voir son fils, émigré aux Pays-Bas, avant sa mort qu’il sent prochaine. Cet oncle essaie de se procurer des faux passeports pour sortir du pays. Sa tentative échoue avec la découverte du faussaire par les services du gouvernement. Il meurt avant d'avoir pu sauver sa famille.
Après la révolution islamiste, les produits issus des pays occidentaux sont interdits en Iran. Cet interdit est montré par les souvenirs que les parents de Marjane lui rapportent clandestinement de Turquie, par exemple ; des posters, une veste en jean, le dernier modèle de Nike et un badge de Michael Jackson. Il est également rappelé par les scènes de vente à la sauvette du même type de produits dans les rues de Téhéran. Alors que les Pasdaran (« gardiennes de la révolution ») font la loi dans les rues, Marjane apprend à biaiser et à jouer un double jeu dans une société d'imprévus, de tabous et d'interdits. C'est donc avec un succès coupable qu'elle ressort de son interpellation par ces femmes, sauvée par le mensonge.
Les bombardements de missiles Scud, la mort des voisins, les difficultés de Marjane à accepter les nouvelles contraintes (y compris vestimentaires) et le durcissement du climat politique poussent ses parents de Marjane à l’envoyer en Autriche pour continuer ses études.
Nous sommes à Vienne en 1984, Marjane est en pleine adolescence ; sa mère l'a envoyée chez une de ses connaissances, d'où elle finit par devoir partir sans avoir été prévenue au préalable pour s'installer dans un pensionnat catholique. Après quelque temps passé en huis clos, elle part en claquant la porte, victime d'une terrible injustice, et trouve un logement chez un médecin. Elle a, entre temps, fait quelques connaissances et s'est intégrée sans toujours parvenir à s'assumer, allant même jusqu'à renier ses origines. D'abord révoltée par l'insouciance de jeunes gens qui crachent sur la société sans rien connaître ni à la guerre ni à la souffrance, elle parvient pourtant à se lier d'amitié avec des personnes, dont elle finira pourtant par détacher. Elle pour qui « pudeur », « discrétion », « travail » et « conviction » étaient des mots d'ordre va se voir initiée à la philosophie anarchiste, à la drogue et à la libération sexuelle.
C'est également l'époque de ses premières découvertes sentimentales et de l'apparition d'autres désillusions ; l'infidélité de celui qu'elle aimait s'ajoute au fossé qui ne cesse de se creuser entre les deux cultures dans lesquelles elle tente de se faire sa place ainsi qu'à la solitude et au manque affectif, elle sombre dans une dépression terrible et finit par se retrouver à l'hôpital après s'être évanouie dans la rue, après des jours à dormir dans la rue. Pour la première fois depuis le premier tome, sa foi refait surface et, surtout, sa combativité se renforce. Elle décide de rentrer en Iran auprès de sa famille et de tenter de faire sa vie là-bas.
Après quatre ans d'absence, revoilà Marjane à Téhéran ; nous sommes en 1988. La guerre contre l'Irak est terminée mais le pays est en ruines et le régime toujours aussi répressif. Marjane, au début plus qu'heureuse de retrouver sa famille, son pays et sa chambre d'enfant, découvre rapidement qu'elle est aussi bien une occidentale en Iran qu'une iranienne en Europe, dans une ville devenue fantôme et une chambre vidée de beaucoup de ses souvenirs. Elle doit reprendre le dessus et décide d'appliquer à la lettre le conseil de sa grand-mère : être soi-même. Elle entre à l'Université où elle entreprend des études artistiques et tombe amoureuse de Reza lors d'une soirée, avec qui elle se marie rapidement, moins par amour profond que parce que la vie est impossible pour un jeune couple non marié en Iran, et finit par divorcer tout aussi vite.
De rencontres en rencontres, Marjane ne cherche plus à museler son esprit rebelle et à tromper sa soif de liberté. Elle s'invente avec ses amis de l'Université une bulle d'oxygène à rideaux tirés, un espace de liberté, de vie et d'identité. Cette parcelle ne lui suffira pourtant pas et, sur le conseil de ses parents, elle quitte définitivement l'Iran pour la France, où elle vit depuis 1994.

La bande dessinée a donné lieu à la production d’un long métrage d’animation, Persepolis, réalisé par Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud et sorti en France en 2007. Ce film obtient le prix du jury du Festival de Cannes 2007. Aux Césars 2008, il obtient celui du meilleur premier film ainsi que celui de la meilleure adaptation.

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